Joël Arfi sculpte des figures poétiques où l’humour se mêle au sérieux du monde. Les personnages qu’il façonne ne posent pas : ils existent, observent, rêvent ou se souviennent. Ils racontent des histoires muettes, à la poésie discrète. 

Chaque pièce est fixée sur socle d’acier, mais continue de bouger dans l’esprit.

 

Ces personnages sont ancrés dans leur réalité… décalée. Ils ont en commun d’être en marge des choses formatées et codifiées de nos sociétés.

Un globe tenu dans les mains, un oiseau confiant, un livre ouvert ou une valise prête à partir : les objets ne sont pas neutres, ils glissent immédiatement vers l’allégorie. Ils sont métaphores : du savoir, du voyage, de la mémoire ou du désir, sans jamais imposer une lecture unique.

 

Joël Arfi a inventé un monde poétique, et nous invite à y entrer sans frapper.

Cet artiste mélange, malaxe, modèle la rêverie dans la matière et influe, à ses sculptures, une densité inattendue. Une « pierre de terre » plaquée de bronze !

Ces personnages parlent du monde intérieur autant que du monde réel. Ils ne délivrent pas de message, mais une invitation à la joie et au merveilleux… 

 

Les gens qui regardent son travail s’échappent de leur réalité, qui peut être parfois trop sombre, alors durant ce temps suspendu, ils se réinventent et finissent souvent par s’envoler… dans leurs rêves.  

 

Gisèle Decock